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150 acteurs de l’agriculture en Afrique réunis à Bordeaux pour le 1er colloque du Fonds Pierre Castel

Colloque

Penseurs, économistes, entrepreneurs, organismes d’accompagnement… ils étaient 150 réunis au siège du Crédit Agricole Aquitaine à Bordeaux le 5 juin dernier, pour partager témoignages, réflexions, bonnes pratiques et points de vue contradictoires sur les grands défis de l’Afrique du 21e siècle. De nombreux freins mais aussi un potentiel immense qui doit s’affranchir des si nombreuses idées reçues… c’est la leçon de cet après-midi passionnant.

« Un moment de réflexion et de partage » c’est ainsi que Pierre De Gaétan Njikam, Directeur général du Fonds Pierre Castel, a présenté ce colloque, la première brique de création d’une communauté d’intérêt, à Bordeaux et en Gironde, autour de l’agriculture et l’agroalimentaire en Afrique. Et ils étaient nombreux à être venus prendre part à ces premiers pas. Le tout orchestré par Jacques-Olivier Pesme, universitaire et Vice-Président du Fonds Pierre Castel, et Malick Diawara, Rédacteur en chef du Point Afrique.

 

C’est Jack Bouin, Directeur général du Crédit Agricole Aquitaine, qui a accueilli cet événement.
« Notre rôle est de favoriser les échanges, en tant que créateur de lien sur le territoire » a-t-il déclaré.

 

 
 
337Deux grands témoins sont venus apporter leur regard sur ces enjeux.

Sylvie Brunel, géographe, économiste, écrivain, spécialiste des questions de sécurité alimentaire et de développement durable, a présidé Action contre la faim, et enseigne aujourd’hui à Sorbonne-Université. Elle dresse le constat des freins, nombreux et profondément ancrés, auxquels doit faire face le continent. Dépendance alimentaire, dépendance au climat (« En Afrique, le ministre de l’agriculture c’est la pluie ! »), conflits ethniques, religieux ou entre agriculteurs et éleveurs, manque de modernisation et de formation… pèsent sur le monde agricole et en particulier les femmes. Le potentiel est là cependant, « les filières agricoles africaines peuvent se moderniser. Mais cela ne suffit pas, il faut une certitude de pouvoir transformer et vendre les productions des agriculteurs ».

Philippe Dessertine quant à lui considère l’agriculture comme un volet de la 4e révolution industrielle ! L’économiste, professeur de finance à l'Institut d'Administration des Entreprises de l'Université de Panthéon-Sorbonne, membre du Haut Conseil des finances publiques, dirige l'Institut de Haute finance, où il a fondé et dirige une chaire sur le financement de l'agriculture. « Le 21e siècle est le siècle de l’Asie, constate-t-il. Le 22e siècle sera celui de l’Afrique. Il faut que les jeunes africains sachent qu’ils font partie du continent de demain. »

 

 

 

Table rondeUn message d’espoir, éclairé par les participants à une table ronde riche en témoignages. « On parle beaucoup de ce qui ne fonctionne pas, il faut promouvoir ce qui se fait déjà » a remarqué Flavien Kouatcha, lauréat du Prix Pierre Castel 2018 pour le Cameroun avec son entreprise Save Our Agriculture. Et en particulier la coopération entre les différents acteurs, notée également par Rachel Kolbe, Directrice RSE et de la Fondation du Groupe In Vivo, qui promeut justement la coopération agricole.

Agrisud, ONG de terrain, agit quant à elle pour permettre à des communautés humaines des pays du Sud de vivre décemment sur leur terre et de leur terre. Yvonnick Huet, son Directeur général, a présenté les actions menées pour instiller un esprit entrepreneurial, axé essentiellement sur l’agriculture familiale et l’agroécologie.

« L’agroécologie apporte de vraies réponses en matière de productivité mais aussi de capacité à récupérer des zones dévastées grâce à l’agro-forestation. » Yvonnick Huet, Directeur Général d’Agrisud

 

D’autres raisons d’espérer sont apportées par le Groupe Touton dont Joseph Larrose, Directeur RSE, a témoigné de l’engagement auprès des planteurs dans les pays où le Groupe se fournit. « Nous agissons localement grâce à des personnes qui connaissent ces métiers, qui ont une volonté entrepreneuriale » a-t-il expliqué. La co-création de valeur qu’il décrit est favorisée par le digital qui permet de renforcer la granularité.

Une évidence pour Karim Sy, Président de Digital Africa. Cette plateforme « au service de l’écosystème innovant africain » veut accompagner la forte croissance du continent, les défis à l’échelle de l’humanité. « L’Afrique a démontré sa capacité à s’approprier les technologies » constate-t-il.

Autant de sources d’inspiration et de pensée pour tous ceux à qui l’Afrique est chère. A l’image de Pierre Castel que sa passion a conduit à la création du Fonds, et qui déclarait : « Nous continuerons d'accompagner la jeunesse africaine avec toute la force de nos filiales implantées en Afrique ! »