À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Fonds Pierre Castel met à l’honneur des femmes entrepreneures qui, à travers leurs initiatives, contribuent chaque jour à transformer leurs communautés. Par cette série de portraits, nous donnons la parole à des femmes engagées au sein des systèmes alimentaires, qui valorisent les ressources locales, créent des opportunités économiques et portent des projets qui ont un impact durable sur leurs territoires.
Pour ce deuxième portrait, nous partons à la rencontre de Aminata Ouattara, fondatrice de DAN AGRO, au Burkina Faso. À travers son entreprise, elle s’engage pour le développement de la transformation agricole locale tout en créant des opportunités pour les femmes et les jeunes de sa communauté.
Dans cette interview, elle revient sur son parcours entrepreneurial, les défis qu’elle a rencontrés et l’impact qu’elle souhaite créer à travers son activité.
Ce qui m’a donné l’audace d’entreprendre, c’est d’abord la volonté de construire un avenir meilleur pour nous, les femmes, pour nos enfants et pour nos communautés. J’ai toujours été convaincue que nos produits agricoles locaux, comme l’arachide et les céréales, ont une valeur immense et peuvent contribuer à améliorer l’alimentation dans nos communautés tout en créant des opportunités économiques.
Mais l’audace est aussi née des difficultés. Dans un contexte où l’accès aux opportunités est parfois limité pour les femmes, j’ai choisi de transformer les obstacles en motivation pour agir.
Entreprendre est devenu pour moi une manière de prouver que, même avec peu de moyens au départ, il est possible de bâtir quelque chose d’utile pour la société.
L’entrepreneuriat est ainsi devenu pour moi un moyen d’apporter des solutions concrètes : créer des produits nutritifs accessibles, soutenir les producteurs locaux et offrir des opportunités économiques aux femmes.
Aujourd’hui, à travers DAN AGRO, mon ambition est de valoriser les produits locaux, contribuer à la sécurité alimentaire et créer des opportunités pour d’autres femmes afin qu’elles puissent, elles aussi, croire en leur potentiel et construire leur propre avenir.

Au-delà de l’activité économique de DAN AGRO, mon engagement est profondément humain et social. À travers notre travail, nous contribuons à l’autonomisation des femmes et à la valorisation des produits agricoles locaux. Aujourd’hui, notre activité implique plus de 60 femmes en milieu urbain et rural qui participent à la transformation ou à l’approvisionnement en matières premières.
Mais l’impact va au-delà de l’emploi. Beaucoup de femmes arrivent chez nous avec des difficultés personnelles ou un manque de confiance en elles. À travers le travail, l’écoute et l’accompagnement, nous essayons de leur redonner confiance et de leur rappeler leur valeur. Voir ces femmes retrouver leur estime d’elles-mêmes et devenir actrices de leur propre avenir est pour moi l’un des impacts les plus importants.
Nous contribuons également à faciliter le quotidien de nombreuses familles en proposant des produits locaux nutritifs et sains qui simplifient la préparation des repas pour les femmes souvent très occupées par leurs activités professionnelles.
Ce dont je suis la plus fière aujourd’hui, c’est de voir les femmes évoluer et grandir avec nous. Certaines arrivent avec beaucoup de difficultés ou peu de confiance en elles, mais grâce au travail et à l’accompagnement, elles retrouvent progressivement leur dignité et leur confiance.
À travers DAN AGRO, nous ne faisons pas seulement de la transformation agroalimentaire. Nous créons des opportunités économiques et sociales pour les femmes, tout en valorisant les produits agricoles locaux.
Je suis également fière de contribuer à promouvoir une alimentation locale, nutritive et accessible, tout en montrant que l’entrepreneuriat féminin peut être un véritable levier de transformation pour nos communautés.
Une femme entrepreneure peut croire en son potentiel, transformer les défis en opportunités et créer un impact qui change des vies.
